Frédéric's profileChaos And (Re)Creation I...PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
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Chaos And (Re)Creation In My English BackyardEntre Finlande, France et Angleterre... January 28 Celui avec là où ça se passe maintenant...Je n'ai pas écrit ici depuis 6 mois, ça sent le sapin pour ce blog non ?
D'autant plus qu'en cette nouvelle année 2009, je me suis payé un tout nouveau site perso, tout joli tout beau, qui devrait être axé prioritairement sur mes nouvelles et autres histoires écrites depuis 2004, ainsi que sur l'évolution de ma "carrière d'écrivain amateur". Ca se passe ici pour ceux qui veulent : http://fredericrenouf.jimdo.com/
Voilà, sinon, je bosse comme un fou pour enseigner à mes 300 élèves et ça me prend un temps dingue, ce qui explique le relatif abandon de ce blog. Mais si j'ai quelque chose à dire à nouveau, ce sera ici.
En attendant, c'est sur mon autre site que ça se passe.
Tcho. July 16 Celui avec le Tutor Group et le reste... Plus que 2 jours d'école et c'est la quille (En Sardaigne et France) ! Cette semaine n'a d'ailleurs été qu'une succession de films en tous genres (Les Choristes étant l'un des favoris, juste devant Taxi 2 et Men in Black) pour les élèves. Films certes, mais en français, donc j'ai fait mon boulot. J'ai rendu mon portfolio à la fac il y a deux semaines et depuis, c'est vraiment calme. Je suis désormais un vrai prof, prêt à prendre contrôle d'un vrai poste à partir de septembre. J'ai déjà reçu mes listes de classes et même s'il y a certains élèves que je ne suis pas spécialement ravi de retrouver, dans l'ensemble, ça va être sympa. Et je vais avoir ma propre classe que je vais pouvoir décorer aux couleurs de "The French Bloke", le super-héros dont le seul pouvoir est d'aider ses concitoyens à parler français. J'ai aussi un Tutor Group à moi tout seul. Alors qu'est-ce qu'un Tutor Group vous demandez-vous ? Eh bien, c'est assez simple. Si en France, les classes sont réparties par âge (6ème A, 3ème 2 etc...), en Angleterre, c'est un peu différent. Je suis le prof principal de 18 élèves dont la classe s'appelle "FR". Eh ouais, mes initiales ! Comme cela, les autres profs savent immédiatement à qui ils doivent parler en cas de problèmes avec l'un d'eux. L'autre particularité des Tutor Groups dans mon école réside dans leur composition. J'ai 4 élèves de 6ème, 3 élèves de 5ème, 5 élèves de 4ème, 3 élèves de 3ème et 3 élèves de 2nde et nous passons 30 minutes chaque jour ensemble pour régler des tâches administratives, lire, faire les devoirs et régler éventuellement d'autres problèmes. Le but est de favoriser les échanges entre les différentes années, que les plus jeunes puissent demander des conseils aux plus anciens et que les plus anciens puissent être des rôles-modèles pour les plus jeunes. Je trouve ce système assez ingénieux dans la mesure où il brise les frontières d'âges. Bon sinon, voilà le reste en condensé:
Ah que c'est bon d'être un jeune professeur sans enfants et sans responsabilitiés (pour l'instant). Et vous, ça va ? June 22 Celui avec le billet vide...Rien à dire en ce moment parce que je bosse trop entre les cours et les dissertations. Vivement les vacances. April 11 Celui avec l'entretien pour le job.Hier, j'avais un entretien pour un job de prof de français-espagnol dans l'école où je bosse comme étudiant depuis le début de l'année et chez qui j'étais assistant de langues l'an dernier. Je vais passer un peu de temps sur le processus de l'entretien parce que c'est assez étrange comment les choses sont faites de ce côté-ci de la Manche. Déjà, les profs postulent pour des jobs comme ils le feraient pour n'importe quel autre job. Des annonces paraissent, des écoles cherchant des profs dans tel ou tel domaine et ceux qui sont intéressés y répondent. L'Etat ne place personne, les profs sont libre d'aller enseigner où ils le veulent du moment qu'ils trouvent un job certes. Donc quand l'annonce pour le job dispo à la rentrée dans mon école est parue en février, je me suis dis que cela ne coûtait rien de postuler. Après tout, c'est toujours de l'expérience bonne à prendre et j'aurai un bon aperçu du système d'entretien pour les prochains. Il faut bien sûr envoyer une lettre de motivation et d'autres infos. L'école fait un premier choix parmi les candidats au poste et décide d'en rappeler plusieurs pour l'entretien proprement dit. J'ai passé cette épreuve et suis donc parvenu à l'entretien qui est en soit une victoire mais le plus dur restait à faire. Nous n'étions que deux pour l'entretien, moi et une autre prof française (donc mon avantage disparaît). On nous avait demandé de préparer un cours d'espagnol d'une heure sur le thème des passe-temps pour des 4ème. Le français étant la langue maternelle des deux postulants, tester l'enseignement de l'espagnol parait assez logique, même si pour moi, l'espagnol est toujours un peu rouillé. Le matin de l'entretien arrive enfin, j'ai le stressomètre qui atteint des sommets, je n'ai pas dormi de la nuit, j'ai dû changé mon plan de leçon à la dernière minute parce que ce que j'avais choisi ne me semblait pas vraiment judicieux, enfin bref... le bordel. L'entretien commence avec une visite de l'école que je connais déjà, à rencontrer des personnes que je connais déjà, guidé par des élèves à qui j'ai enseigné. C'était assez irréel parce que je ne savais pas comment réagir. Feindre la nouveauté ou assumer le fait que j'étais le régional de l'étape ? L'autre candidate doit avoir dans les 30 ans et a fait des remplacements partout, cela fait 7 ans qu'elle enseigne, elle prend des notes, pose des questions et moi, je me tais et attends que ça passe. L'heure de la leçon approche enfin. Je suis à deux doigts de la crise cardiaque. Normalement, tout devrait se passer sur des roulettes, ma présentation PowerPoint est tiptop, mes exercices aussi. Les gamins entrent et s'assoient. Pour cette leçon, je suis observé la première demi-heure par ma mentor (qui est aussi chef du départements des langues vivantes) et la seconde demi-heure par la principale de l'école. J'ai trouvé que la leçon s'était bien déroulée. Je n'ai pas eu le temps de faire tout ce que je voulais mais j'avais prévu assez de solution de secours pour finalement m'en tirer pas trop mal. Bien sûr, l'autre candidate enseigne au même moment donc à aucun moment je ne sais comment s'est déroulée sa leçon. Commence ensuite l'attente. Les deux chefs se réunissent, complétées bientôt d'un des Gouverneurs de l'école, grand manitou s'il en fallait de l'établissement. Pendant 40 minutes, ils discutent, comparent, se racontent ce qu'ils ont manqué et pendant ce temps-là, la meilleure chose à faire est juste d'attendre et ressasser la leçon. Viennent ensuite les entretiens individuels. L'autre candidate passe la première et c'est mon tour 30 minutes plus tard. Showtime. Les questions vont des plus évidentes "Pourquoi cette école? En quoi constitue une bonne leçon ? Une mauvaise leçon ?" aux plus bizarres "Comment comptez-vous rendre service à la communauté ?". Tu passes sur le grill et punaise, sous pression, mon anglais se fait la malle. Le calvaire s'arrête enfin et l'attente recommence. Maintenant, ils doivent décider qui ils vont prendre. Oui, en Angleterre, quand on passe des entretiens de prof, on connaît le résultat le jour même. Et ce n'est vraiment pas subtil. En gros, la principale arrive dans la salle où nous sommes et dit juste "On a décidé de vous prendre vous plutot que vous". Ce qui se passe ensuite est un peu comme les Oscars : le gagnant doit feindre l'humilité et la surprise, le perdant le fair-play et la reconnaissance. Le gagnant passe ensuite dans le bureau de la principale où il rencontre les membres du jury et accepte officiellement le poste. S'il refuse (ca arrive), la Principale retourne dans la pièce et demande au perdant s'il veut le poste en fin de compte. Assez bizarre, comme je disais. Heureusement, j'ai eu l'Oscar le premier. Et j'ai dit oui. J'ai donc un job pour la rentrée. Ouf. Et bien sur, bon anniversaire a ma petite Lauranne. C'était implicite tout le long du billet, comme le bouquet final, l'apothéose de ce jour merveilleux. :) March 20 Celui avec les perspectives d'avenir et les problèmes du système éducatif anglais.La comédie musicale de l'école, c'était la semaine dernière et c'était géant ! Voir mes petits élèves de 6ème et 5ème sur scène, chantant et dansant fut un énorme plaisir et j'étais même très fier d'eux. Maintenant, je dois m'atteler au DVD making-of du show que je leur ai promis. Ca va être un processus long et compliqué, trier 6 heures de vidéo pour en faire un truc de 30 minutes. Cette comédie musicale, c'est typiquement le genre de trucs vachement bien qui se produit dans les écoles anglaises. J'ai beau tenter de me souvenir ce que c'était au collège Pierre Corneille du Neubourg mais je suis a peu près certain qu'il n'y a jamais eu de comédie musicale de l'école, ni même aucun spectacle de l'école, point barre. Les écoles anglaises sont bien plus chaleureuses et animées que celles françaises et c'est un fait. Des clubs par dizaines, des élèves qui respectent le travail artistique des autres. Cependant, quand on y regarde d'un peu plus près, il y a quelque chose de pourri au Royaume d'Angleterre et ce n'est pas moi qui vais faire le ménage. Le problème réside principalement dans la lutte acharnée et sans merci que se livrent les différents départements au sein de l'école, les différents professeurs, les différentes écoles, les différents comtés, les différentes régions. Compétition, compétitions, compétitions pour être l'école la mieux notée, l'école la plus rentable, l'école avec le plus fort taux de valeur-ajoutée (en gros, l'écart entre les capacités d'un gamin quand il entre et celles quand il sort après 4 ans - et je ne blague pas, c'est vraiment l'élément le plus important) et ainsi de suite. Les élèves sont des objets sur lesquels l'école s'appuie pour impressionner les parents ou OFSTED (l'organisme qui fait la pluie et le beau temps parmi les écoles avec des inspections, des rapports et autres, bref le Dieu de l'éducation anglaise que personne n'ose remettre en question parce que l'éducation doit être profitable). Alors, bien sur, ils enrobent tout cela avec des tonnes et des tonnes de mesures et conseils pour enseigner aux enfants dans la totalité de leur personne et on a même une sorte de Bible pour cela, appelée "Every Child Matters" (tous les enfants comptent) et dont les 5 points principaux sont les suivants. Les enfants doivent être en sécurité, en bonne santé, s'amuser et réussir, contribuer positivement à l'école et parvenir a un bien-être économique du fait de leur enseignement. Bref, en gros, on ne doit pas frapper les enfants et leur apprendre des trucs pour qu'ils gagnent de la thune plus tard. Dans la série "Pourriez-vous citer l'évidence", j'aimerai le gouvernement anglais. Ca, c'est que l'on nous dit de faire et d'un autre côté, j'en apprends tous les jours un peu plus sur l'envers du décor et l'on frise parfois la science-fiction. Un exemple très simple: en fin de CM2, les gamins prennent des tests de maths, anglais et histoire-géo, il me semble. Leurs résultats sont ensuite entrés dans un logiciel informatique qui, au niveau national, décidera des objectifs à atteindre à la fin de la 4ème, donc 3 ans plus tard. Par exemple, un gamin qui réussit ses tests devra atteindre des objectifs plus élevés qu'un gamin qui s'est planté. Leurs résultats à ses tests détermineront également le nombre d'heures de français qu'ils auront en sixième. 5 heures par semaine pour les plus "talentueux" et 4 heures pour les autres. Les profs sont au courant de leurs objectifs et doivent faire tout en oeuvre pour que les gamins les remplissent, sans pour autant aller au-delà. Donc voilà, pour simplifier, un logiciel informatique décide de l'éducation des gamins, sans tenir aucun compte des milieux familiaux, culturels des facteurs de développement de l'enfant et autres changements de caractère se produisant pendant la puberté. "Allo ? George Orwell ? Oui, j'ai un bon sujet de bouquin pour toi." Un autre truc relativement marrant est la détection des "Gifted and Talented", les surdoués en gros. Dans mon école, j'ai demandé à voir la liste pour voir s'il y en avait. En lisant la liste, je me rends compte que 1) la moitié de l'école doit être sur le registre des surdoués (l'autre moitié devant être sur celui des gamins avec des difficultés d'apprentissage) et 2) certains des gamins qui sont dessus sont loin d'être des surdoués dans mes cours. En y prétant un peu attention, je me rends compte que 75% des gamins dans ce registre sont "Gifted and Talented"... en sport ! On est loin de la notion de surdoué binoclard et rat de bibliothèque tant et si bien que j'avais l'impression que l'on essayait à tous prix de trouver des bons points a tous les gamins pour qu'ils se sentent mieux. Je comprends l'initiative mais quelque chose perd de sa valeur si tout le monde a ce quelque chose. Dire a tous les gamins que ce sont des surdoués revient à dire que personne ne l'est. Bref, j'ai l'impression que l'éducation anglaise est basée sur trois principes fondamentaux: condescendance, paternalisme et profitabilité et je pense que les gamins s'en rendent compte ce qui expliquerait pourquoi la plupart d'entre eux rejettent le système tel quel. C'est un peu comme si on leur racontait la fin au début du film, avec un grand sourire faux-cul et une petite tape sur le haut du crane avant d'ajouter "mais regarde quand même assidûment, même si tu n'aimes pas comment ca se termine." Mais qui sont les plus cons au final? Ceux qui instaurent ces systèmes débiles ou ceux qui acceptent d'en faire partie ? Difficile à dire mais je ne veux pas connaître la réponse. Bah oui, j'ai un entretien pour un poste de prof de français-espagnol le 10 avril. J'ai comme l'impression qu'il va falloir que je m'entraîne a faire mon sourire faux-cul. Allez, je suis en vacances, donc je vais faire ce que je fais encore de mieux. C'est à dire rien. |
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